Prologue
Suite à une envie irréfreinée du Sieur Stéphane, survenue à Noël 2008, après des réflexions sur la préservation de l’environnement, des exploits individuels sur 2 roues à pédales et surtout en hommage à son grand-père paternel, nous (Stéphane et Loïg) décidons en janvier 2009 de traverser la France à bicyclette. L’itinéraire envisagé permettrait de rallier Toulouse au pays bigouden sur une semaine de l’été 2009 (soit environ 850 km à parcourir en 7 jours et donc des étapes moyennes de 122 km !!!). La semaine choisie s’étale du dimanche 26 juillet au 1er août.
Ceci étant décidé, il s’agit bien évidemment de ne pas s’engager à la légère, étant donné nos conditions physiques d’athlètes olympiques au sommet de leurs capacités (nous ne sommes pas spécialement cyclistes ni d’une endurance exceptionnelle), et donc de s’entraîner sérieusement… à pédaler !
Stéphane est équipé d’un Triban Trail 5 DECATHLON (VTC de randonnée) et roule à vélo tous les jours (7 km) pour se rendre au boulot. Son entraînement intensif commence donc dès le début janvier, date à partir de laquelle il est impératif de rouler le WE pour apprivoiser les kilomètres. Pour sa part Loïg décide de tenter cet exploit sur son Rockrider 5.2 DECATHLON. Etant donné les conditions climatiques du territoire de Belfort en hiver et étant de surcroît un peu plus long à se convaincre de la nécessité absolue d’entraînement, Loïg ne se décide à aller rouler qu’à partir de fin mars.
Pendant ces quelques mois qui nous séparent du Grand Départ, nous nous entraînons donc – dur – seuls et chacun dans nos régions respectives. Notre programme d’entraînement est évidemment progressif en distance et nous ne nous lassons de nous motiver l’un l’autre par téléphone chaque Week-end en comparant nos distances parcourues et les moyennes tenues.
Les premières sorties pour l’un comme pour l’autre ne dépassent guère les 30 km et Loïg se rend vite compte qu’il va devoir adapter quelques éléments s’il veut pouvoir se faciliter la vie ou la route en l’occurrence. En discutant avec des collègues, certes amateurs comme lui mais beaucoup plus avisés de l’univers de la petite reine, on lui conseille de changer ses roues pour les adapter à la route et d’opter pour des pédales automatiques améliorant largement le rendement. C’est chose faite peu de temps après et même si c’est toujours le cycliste qui doit pédaler, il est indéniable que ces éléments améliorent les performances. Avisé de la même manière, Stéphane ne tarde pas non plus à choisir des pédales automatiques.
Au fil des semaines, nous progressons régulièrement en distance parcourue, passant de 50 à 80/90 kilomètres. Les longs WE de mai sont propices aux entraînements répétitifs et nous permettent de densifier un peu le cuir qui nous sert d’interface avec nos selles (les premières sorties ayant été riches d’enseignement à ce niveau). Nous franchissons respectivement une seule fois la barre des 120 km lors de nos entraînements, histoire de se rassurer, de pouvoir se dire que nous l’avons fait et de savoir que nous l’avons dans les jambes.
En parallèle et à Toulouse, Stéphane nous concocte inlassablement le parcours, et les étapes se dessinent au fur et à mesure. Etant donné que nous n’avons pas d’assistance et que nous portons sur les vélos toutes nos affaires pour la semaine, nous choisissons de réduire la charge à transporter en réservant des chambres d’hôtes sur nos étapes et en profitant des connaissances sur le parcours pour nous héberger gracieusement.
Mi juillet, soit 2 semaines avant le départ, tout est prêt et nous connaissons avec exactitude les chemins que nous allons emprunter : 90% de pistes cyclables et 870 km au total réparties sur 7 jours de la façon suivante :
- Etape 1 : Toulouse – Feugarolles : 138 km
- Etape 2 : Feugarolles – Mérignac : 131 km
- Etape 3 : Mérignac – Soulac Sur Mer : 124 km
- Etape 4 : Soulac Sur Mer – Sainte Soulle : 121 km
- Etape 5 : Sainte Soulle – Givrand : 128 km
- Etape 6 : Givrand – Guérande : 138 km
- Etape 7 : Guérande – Plobannalec (via Vannes-Quimper en train) : 90 km
Après une période d’avant congés très mouvementée comme d’habitude (entre les dossiers pro à traiter, le retour des beaux jours et les barbecues pour voir les potes avant les vacances, etc.), Loïg prend l’avion à Strasbourg le samedi 25 juillet matin avec son vélo en pièces détachées et en soute, dans un carton de sa confection. Direction Toulouse ! L’après-midi est l’occasion des retrouvailles, du remontage du vélo et de la toute fin de nos préparatifs. Loïg achète entre autre une poudre « magique » hydratante et évitant les crampes, ce que Stéphane désapprouve vivement : « pas de dopage ici » (Lui, il ne fonctionne qu’à l’eau douce… enfin, quand il s’agit de faire du vélo, parce que sinon, …)